Moustique tigre de retour en Nouvelle-Aquitaine : attention aux piqûres cet été
Le moustique tigre est de retour en Nouvelle-Aquitaine
Dans les jardins de Gironde et dans toute la région de Nouvelle-Aquitaine, les moustiques commencent à se faire entendre. Leur bourdonnement est audible alors que l’été n’a pas encore débuté. La douceur des températures, les précipitations régulières et un hiver sans grands froids ont favorisé un réveil anticipé des œufs de moustique tigre. Cet insecte, rayé noir et blanc, mesure moins de 5 millimètres et pique principalement en journée. Sa piqûre peut être douloureuse.
Ce retour précoce n’est pas un hasard. Selon Antoine Mignotte, responsable recherche chez Altopictus, « entre août et octobre, les femelles pondent des œufs programmés génétiquement pour ne pas éclore immédiatement ». Il ajoute que cette année, les conditions météorologiques sont particulièrement favorables, ce qui explique la présence plus tôt que d’habitude de moustiques tigres. La région de Nouvelle-Aquitaine voit déjà une population assez importante dès le début de la saison. Il met en garde : « Nous sommes déjà très colonisés par le moustique tigre. »
Une région fortement colonisée par le moustique tigre
Le moustique tigre est arrivé en Nouvelle-Aquitaine en 2012, dans le Lot-et-Garonne. D’après les derniers recensements, 40 % des communes de la région étaient colonisées fin 2025. La région se classe ainsi au troisième rang en France, derrière Provence-Alpes-Côte d’Azur et Occitanie. Au niveau national, il est présent dans 81 départements sur 96.
Des foyers de maladies transmises par ce moustique ont été recensés dans la région. À Bergerac, en Dordogne, un foyer de chikungunya a touché une centaine d’habitants l’année dernière. Un agent de mairie se remémore que « l’impact a été important ». À Langon, en Gironde, deux cas autochtones de dengue ont été confirmés l’été dernier. En 2024, 187 cas de dengue et deux de chikungunya ont été signalés dans toute la région.
Pour 2026, le risque de gros clusters reste limité, car l’épidémie de chikungunya à La Réunion s’est atténuée. Antoine Mignotte précise que « les transmissions devraient être moins nombreuses, même si des cas continueront d’apparaître, comme chaque année ». L’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine surveille la situation du 1er mai au 30 septembre, avec des interventions ciblées en cas de cas importés. En France métropolitaine, 37 épisodes de transmission locale de dengue ou de chikungunya ont été recensés en 2025. Cela montre à quel point le moustique tigre peut rapidement transformer un simple voyage en problème local.
Comment se protéger chez soi dès le printemps ?
Le cycle du moustique tigre joue contre les habitants, mais offre aussi une opportunité d’action. Les œufs pondus en fin d’été résistent au froid et attendent les pluies de printemps pour éclore. Les larves se développent dans la moindre flaque, soucoupe ou seau oublié. Antoine Mignotte insiste : « C’est le moment idéal pour agir dans son jardin et éliminer tous les points d’eau où pourraient se développer des larves. »
Il recommande un « nettoyage de printemps » en frottant et en nettoyant les parois des récipients pour détruire œufs et larves. « C’est maintenant que le moustique est le plus vulnérable », précise-t-il. Étant donné que le moustique vit principalement dans un rayon d’environ 150 mètres autour de son lieu de naissance, chaque maison a un rôle à jouer.
Les autorités sanitaires donnent quelques conseils simples pour limiter la prolifération :
- Vider ou retourner tous les objets pouvant retenir de l’eau, comme seaux, arrosoirs, jouets, pneus ou pieds de parasol.
- Remplir les coupelles de plantes avec du sable humide au lieu d’eau stagnante.
- Couvrir les récupérateurs d’eau avec un couvercle ou une moustiquaire bien fixée.
- Nettoyer régulièrement gouttières et rigoles pour éviter qu’elles ne se bouchent.
- Signaler la présence de moustiques tigres sur le portail national signalement-moustique.fr.
Pour éviter les piqûres, Santé publique France recommande d’utiliser des moustiquaires aux fenêtres et sur les lits, de porter des vêtements longs et clairs, d’appliquer des répulsifs adaptés, et de privilégier la ventilation avec des ventilateurs pour gêner le vol des insectes.
Les maladies transmises et comment agir
Le moustique tigre peut transmettre des virus importés, comme ceux de la dengue ou du chikungunya, provenant de zones tropicales telles que la Martinique ou La Réunion. Lorsqu’une personne infectée revient en Nouvelle-Aquitaine et se fait piquer, elle peut transmettre le virus à un moustique local, qui contaminera à son tour ses voisins.
Les autorités recommandent aux voyageurs de continuer à se protéger contre les piqûres pendant trois semaines après leur retour. En cas de fièvre, douleurs articulaires ou éruption cutanée, il est conseillé de consulter un médecin en signalant le voyage. Sur un plan collectif, la prévention passe aussi par la suppression des gîtes larvaires chez soi, l’information des voisins, et la participation à la surveillance locale pour freiner la propagation des maladies.



Laisser un commentaire