Posséder un chat pendant L’enfance augmenterait-il le risque de schizophrénie ?

Une étude australienne établit un lien entre la possession de chat dans l’enfance et un risque accru de schizophrénie

Une vaste analyse internationale, menée par des chercheurs australiens, fait beaucoup parler depuis sa publication fin 2023. En combinant 17 études réalisées sur une période de 44 ans dans 11 pays, elle suggère que l’exposition à un chat durant l’enfance pourrait doubler le risque de développer des troubles liés à la schizophrénie. Cependant, cette information doit être considérée avec précaution.

Cette étude, dirigée par John J.. McGrath au Queensland Centre for Mental Health Research, a été publiée dans la revue Schizophrenia Bulletin. Selon ses résultats, être en contact avec un chat avant l’âge de 25 ans augmenterait d’environ 2,2 fois la probabilité de développer une schizophrénie. La Fondation pour la Recherche Médicale rappelle que la maladie touche près de 1 % de la population française. Même si le risque est doublé, la probabilité reste faible, autour de 2 % en moyenne.

Ce que dit l’étude sur le lien entre chats et schizophrénie

Les chercheurs ont analysé 1 915 articles pour ne retenir que 17 études exploitables. Globalement, ils ont constaté qu’avoir un chat avant 25 ans, notamment entre 9 et 12 ans, était associé à un odds ratio d’environ 2,24 pour le développement de troubles schizophréniques, par rapport à ceux n’ayant jamais vécu avec un félin.

Les auteurs précisent toutefois que ces études présentent une qualité variable, parfois contradictoire. Une grande étude britannique, ALSPAC, publiée dans Psychological Medicine, n’a pas trouvé de lien entre la possession de chats durant l’enfance et l’apparition de symptômes psychotiques à l’adolescence. De même, une étude américaine sur 354 étudiants n’a pas montré de relation entre la possession d’un chat et les scores de schizotypie.

Le rôle du parasite Toxoplasma gondii dans cette hypothèse

Une hypothèse avancée repose sur le parasite Toxoplasma gondii, dont le seul hôte définitif est le chat. Selon Vidal, ce parasite se transmet principalement à l’humain par la viande insuffisamment cuite, l’eau ou les sols contaminés. La transmission via la litière est plus rare. Une fois dans l’organisme, il peut atteindre le système nerveux central et modifier certains neurotransmetteurs, ce qui pourrait influencer la santé mentale.

L’Institut Pasteur de Lille estime que entre 30 et 50 % des adultes français ont déjà été infectés par Toxoplasma gondii, avec 200 000 à 300 000 nouvelles infections chaque année. La majorité de ces infections sont silencieuses. La toxoplasmose concerne environ une grossesse sur 1 000. Selon les autorités, une bonne hygiène alimentaire et le lavage des mains sont plus importants pour réduire le risque que la présence d’un chat chez soi.

Quel risque réel pour les propriétaires de chats en France ?

Concrètement, si le risque moyen de développer une schizophrénie est d’environ 1 %, cette étude suggère qu’il pourrait atteindre 2 % chez les personnes très exposées aux chats, mais cette valeur reste faible en termes absolus. Les chercheurs insistent sur la nécessité d’études plus solides pour confirmer ces résultats. En attendant, les recommandations pour les propriétaires restent simples : nettoyer la litière tous les jours, se laver les mains après avoir manipulé un chat ou effectué du jardinage, éviter de donner de la viande crue à son animal, et consulter régulièrement un vétérinaire.

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