Frelon asiatique : découvrez où repérer ses nids vraiment cachés

Depuis vingt ans, lorsqu’on évoque le frelon asiatique, on regarde généralement en haut des arbres, notamment dans la cime des chênes. On scrute ces grosses boules beiges suspendues aux branches, qui indiqueraient la présence de l’espèce invasive. Cependant, une campagne d’observations menée par des techniciens de la FDGDON remet en question cette habitude. Selon eux, notre façon de rechercher les nids est souvent erronée.

Les relevés effectués sur une période de quatre ans montrent qu’environ 90 % des nids primaires de frelon asiatique se construisent en réalité près de nos habitations. Ils sont souvent situés à hauteur d’homme, dans des endroits comme les coffres de volets roulants, les avant-toits, les garages, les cabanons ou encore les encadrements de fenêtres. Les grands nids sphériques que l’on repère en hauteur dans les arbres ne sont en fait que des nids secondaires, apparaissant en été, plusieurs mois après la naissance de la colonie. Tout commence donc bien plus près de chez nous, et bien plus tôt dans la saison.

Nid primaire : un début discret sous nos toits

Au printemps, seules les reines quittent leur hibernation pour chercher un endroit sec où établir un nid primaire de frelon asiatique. Elles privilégient les coffres de volets, les avancées de toiture, les granges ou les abris de jardin, souvent à quelques mètres du sol. Le nid est alors une petite boule grisâtre de « papier mâché », souvent à peine plus grosse qu’une balle de ping-pong. Il abrite moins de dix individus. En mars ou avril, un professionnel peut facilement le neutraliser, sans avoir besoin de matériel lourd ou de nacelle.

Lorsque la colonie compte environ 200 frelons, elle quitte souvent ce premier nid pour en construire un plus grand dans un endroit plus dégagé. Dans près de 70 % des cas, ce second nid se trouve à plus de 10 mètres de hauteur, généralement en haut d’un arbre. Avec les feuilles, il reste presque invisible jusqu’à l’automne. Le gros nid beige que l’on repère en novembre n’est donc que la suite d’un cycle commencé sous nos fenêtres.

Où chercher les nids au printemps ?

Pour agir efficacement, les spécialistes recommandent, entre mars et mai, de faire un « tour du propriétaire » rapide. Il ne s’agit pas de regarder en haut des arbres, mais de vérifier les zones abritées à hauteur d’homme autour de la maison. Les nids primaires se cachent souvent dans les mêmes endroits, ce qui facilite leur détection.

  • coffres et dessous de volets roulants ;
  • avant-toits, avancées de toiture, dessous de balcons ;
  • plafonds de garages, carports, abris et cabanons ;
  • granges, hangars agricoles, remises peu fréquentées ;
  • nichoirs à oiseaux, coins de charpente, encadrements de fenêtres ;
  • haies denses et angles de clôture proches de la maison.

Un bourdonnement continu derrière un volet, une cheminée ou un plafond doit alerter. Il vaut mieux ne pas ouvrir ni cogner, pour ne pas déclencher la réaction défensive de la colonie naissante. Les tentatives artisanales comme le jet d’eau, le bâton ou l’utilisation d’insecticides grand public dispersent simplement les frelons, qui reconstruisent un nid à proximité. La meilleure démarche reste de signaler la présence d’un nid suspect via les plateformes nationales ou la mairie, qui orienteront vers un professionnel agréé.

Un nid oublié aujourd’hui, des dizaines demain

Un nid secondaire laissé en place en automne peut accueillir entre 5 000 et 15 000 frelons, et produire environ 550 nouvelles reines fondatrices. Après l’hiver, seules 5 à 10 % de ces reines survivent, mais cela suffit pour créer en moyenne 4 à 5 nouveaux nids l’année suivante. Autrement dit, un nid non traité en 2025 peut donner naissance à près de 25 nids actifs en 2027 dans la même zone.

Dans certains départements, des campagnes de piégeage au printemps ciblent les reines pour limiter leur développement. D’autres méthodes plus innovantes, comme l’utilisation de caméras équipées d’intelligence artificielle ou de balises miniatures posées sur des frelons, permettent de localiser les nids. Cependant, ces techniques restent coûteuses et complexes. La première ligne de lutte reste donc entre les mains des habitants, en acceptant de rechercher les nids là où ils naissent réellement : sur les murs, sous les toits, ou à hauteur de regard.

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