Le manchot empereur en danger : la banquise disparaît sous nos yeux
Le manchot empereur désormais classé en danger
Le manchot empereur, emblème de l’Antarctique, a été reclassé en catégorie « en danger » sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Il était auparavant considéré comme « quasi menacé ».
Ce changement de statut est principalement dû au réchauffement climatique. La réduction de la banquise autour de l’Antarctique compromet la survie de cette espèce emblématique, dont la population devrait diminuer de moitié d’ici 2080, selon l’organisation.
Les experts expliquent que l’étendue de la banquise a fortement diminué depuis 2016-2017, ce qui complique la reproduction et la subsistance de ces oiseaux. La banquise constitue en effet leur habitat essentiel.
Une menace humaine et climatique
Le changement climatique d’origine humaine est identifié comme la menace principale pour le manchot empereur, selon Philip Trathan, spécialiste de l’UICN. Il indique que l’évolution rapide de la glace de mer ne laisse pas beaucoup de temps à l’espèce pour s’adapter.
C’est « une espèce sentinelle qui nous parle de notre monde qui change et de la manière dont nous contrôlons les émissions de gaz à effet de serre », a-t-il souligné.
Des modèles de population montrent que si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas drastiquement réduites, la population de manchots pourrait chuter rapidement cette décennie.
Les conséquences du réchauffement sur la reproduction
Les manchots empereurs se nourrissent principalement de poissons, calamars et krill, qui dépendent de la glace. La disparition de la banquise fragilise également leur reproduction, car ils ont besoin d’un terrain plat et stable pour couver leurs œufs en les maintenant au chaud entre leurs pattes.
Lorsque la glace fond trop tôt, les poussins risquent de ne pas survivre : ils peuvent se noyer ou geler. Certaines colonies de manchots commencent à se déplacer vers de nouvelles zones, notamment la partie continentale juste derrière la banquise.
Les chercheurs craignent que cette vitesse de changement ne laisse pas suffisamment de temps à l’espèce pour s’adapter. La rapidité des modifications du climat est considérée comme un phénomène tout à fait exceptionnel.
Autres espèces également menacées
Le changement climatique affecte aussi d’autres animaux en Antarctique. L’otarie de Kerguelen, dont la population a été divisée par plus de deux depuis 1999, subit notamment la raréfaction de ses proies, comme le krill, qui se déplace en profondeur pour échapper à la hausse des températures.
Cette espèce, aussi appelée otarie à fourrure antarctique, doit également faire face à la prédation des orques et des phoques-léopard.
Quant à l’éléphant de mer austral, il est désormais considéré comme « vulnérable » par l’UICN, alors qu’il était auparavant simplement en « préoccupation mineure ».
La dégradation de ses populations est liée à la propagation d’une grippe aviaire hautement pathogène, qui a décimé plusieurs colonies.



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