Attention danger : ces antiparasitaires pour animaux menacent la biodiversité

Ce soin pour chien et chat que vous utilisez pour les protéger menace aussi la biodiversité

À l’arrivée des beaux jours, de nombreux propriétaires de chiens et de chats sortent leur pipette ou leur collier antiparasitaire. En France, la moitié des habitants possède un animal domestique, et 65 % le considèrent comme un membre de la famille. Il est donc naturel de vouloir le protéger contre les puces et les tiques, considérées comme dangereuses. Pourtant, cette habitude cache une réalité moins connue.

Des insecticides neurotoxiques présents dans les produits courants

Les emballages colorés d’antiparasitaires pour chiens ou chats dissimulent souvent des insecticides neurotoxiques, proches des néonicotinoïdes, interdits dans l’agriculture européenne. Une dose destinée à un chien de taille moyenne contient suffisamment de principe actif pour tuer des millions d’abeilles. Ces résidus peuvent se retrouver dans l’environnement : du canapé aux rivières, où ils mettent en danger les abeilles sauvages et les papillons.

Un réflexe courant avec des effets sous-estimés

Pour beaucoup de maîtres, traiter leur animal de façon préventive du printemps à l’automne est devenu une routine mensuelle. Il suffit souvent d’une visite chez le vétérinaire ou en animalerie pour acheter ces produits. Les pipettes et colliers, vendus en libre-service dans des emballages attrayants, sont perçus comme des soins simples, presque aussi anodins qu’un shampoing ou une lotion nettoyante.

Cependant, ces traitements contiennent des biocides puissants. Les molécules phares, telles que le fipronil et l’imidaclopride, sont des insecticides neurotoxiques qui paralysent puis tuent les insectes en se diffusant sur le pelage via le film lipidique de la peau. L’imidaclopride, un néonicotinoïde, a été interdit dans plusieurs pays européens pour protéger les abeilles. Une dose pour un chien moyen contient suffisamment de produit pour tuer théoriquement des millions d’abeilles.

Le parcours invisible des pesticides, du chien aux milieux naturels

Une partie du produit reste en surface après l’application. En caressant l’animal, les résidus peuvent se retrouver sur les mains, les poignées de porte ou la nourriture. Les paniers, draps et coussins s’imprègnent également. Lors du lavage, l’eau de rinçage emporte ces micropolluants vers les canalisations. Les stations d’épuration ne sont pas conçues pour filtrer ces substances, qui finissent dans les rivières et les cours d’eau.

En extérieur, la dispersion continue. Un chien traité récemment qui se jette à l’eau libère une quantité importante de ces produits dans la rivière. Les molécules atteignent les larves d’insectes aquatiques, qui constituent la nourriture de nombreux poissons et oiseaux. Par ailleurs, les résidus issus des eaux usées ou des boues épandues sur les champs peuvent contaminer sols et fleurs sauvages, attirant ainsi les abeilles sauvages et les papillons.

Protéger son animal sans mettre en danger la biodiversité

En France, la législation protège strictement les espèces sauvages dites « protégées ». Il est interdit de les tuer, de les capturer ou de détruire leurs habitats. Ces infractions peuvent entraîner jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende. La Convention de Washington CITES réglemente aussi le commerce international des espèces menacées.

Pour réduire ces risques, il est conseillé d’abandonner le traitement systématique. Il vaut mieux surveiller attentivement le pelage de l’animal. Des gestes simples peuvent faire une différence :

  • Peigner régulièrement l’animal pour retirer les tiques.
  • Laver les couchages à 60 °C.
  • Utiliser des antiparasitaires chimiques uniquement en cas de véritable infestation.

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