Les Loups attaquent, le gouvernement autorise désormais leur tir pour protéger les troupeaux

Le gouvernement autorise les tirs de défense contre les loups attaquant des troupeaux non protégés

Face à l’augmentation des attaques de loups sur les animaux d’élevage, le gouvernement prévoit de modifier ses règles. Les ministres de l’Agriculture, Annie Genevard, et de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, ont annoncé ce lundi 16 février qu’ils autoriseraient désormais les tirs contre un loup ayant attaqué un troupeau, même si celui-ci n’est pas protégé contre les attaques du canidé.

Lors d’une visite en Haute-Marne, département fortement touché par ces attaques, Annie Genevard a précisé que « protégé ou non, l’éleveur pourra faire usage d’un tir de défense ». Elle a également indiqué que cette nouvelle réglementation s’appliquerait à la fois aux éleveurs, mais aussi aux agents des brigades mobiles d’intervention spécialisées et aux louvetiers, qui pourront effectuer des tirs « de prélèvement » pour abattre des loups, ou organiser des battues pour défendre des élevages non protégés.

Le ministre délégué Mathieu Lefèvre a souligné que « le statu quo face à une telle prédation (…) n’est pas envisageable ». Selon le cabinet du ministère, cette nouveauté sera intégrée dans un futur arrêté, attendu dans les semaines à venir.

Une réglementation renforcée face à la progression du loup

La présence du loup en France s’étend continuellement. En dix ans, la zone occupée par l’animal est passée de moins de 10 départements à plus de 60. Cette expansion suscite une vive colère parmi les agriculteurs, confrontés à une recrudescence des attaques.

En Haute-Marne, 800 animaux d’élevage ont été tués en 2025, dont 124 depuis le début de l’année. Au niveau national, le nombre d’animaux victimes est en hausse, avec environ 12 000 victimes en 2025, selon les premiers chiffres.

Le gouvernement remanie également ses conditions d’indemnisation. Jusqu’à présent, celle-ci cessait après deux attaques si l’éleveur n’avait pas protégé ses animaux. Désormais, elle pourra continuer à condition que l’éleveur s’engage dans une démarche de protection, même si celle-ci n’est pas complètement achevée. De plus, la mise en place de clôtures spécifiques ne sera plus systématiquement obligatoire, surtout dans les zones nouvellement attaquées.

Selon Annie Genevard, il est nécessaire d’aller plus loin dans la réglementation. La ministre évoque une prochaine loi d’urgence agricole qui devra aborder la question de la prédation et des mesures à prendre pour mieux protéger les troupeaux.

Les éleveurs manifestent leur soulagement, mais aussi leur inquiétude. Lucette Nivert, éleveuse de moutons en Haute-Marne, se dit favorable à cette évolution, tout en soulignant que la présence du loup reste une menace importante pour leur activité.

Réactions et critiques

Cependant, cette annonce a été vivement critiquée par l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas). L’organisation considère ces mesures comme « catastrophiques » et annonce son intention de saisir la justice une fois l’arrêté publié.

Les ministres ont également confirmé leur intention pour 2026. Ils autoriseront l’abattage de 21 % des 1 082 loups présents en France, soit jusqu’à 248 individus, en activant la possibilité d’augmenter ce quota de 2 %. En 2025, le quota était fixé à 19 %, correspondant à 190 loups tués.

Les départements alpins et pré-alpins, où la majorité des loups vivent en France, ont demandé un relèvement « significatif » du quota, le faisant passer à 30 %, soit environ 325 loups. Ces territoires souhaitent ainsi renforcer leurs moyens pour faire face à la progression de la population lupine.

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