Frelons asiatiques en hiver : danger ou illusion à découvrir maintenant

Le nid de frelons asiatiques en hiver : un danger réel ou une illusion ?

Lors de travaux dans un jardin ou en levant la tête vers un arbre dénudé, il est fréquent de découvrir une grosse boule grise perchée à plusieurs mètres du sol. Cette structure peut surprendre et inquiéter, car elle ressemble à un nid prêt à attaquer. Beaucoup pensent alors à un danger immédiat, craignant les piqûres, notamment pour les enfants ou les animaux, et envisagent d’appeler un spécialiste en désinsectisation.

Ce nid appartient au frelon asiatique, un prédateur originaire d’Orient qui a été repéré en France depuis 2004. Depuis, il s’est installé dans tous les départements métropolitains. Les nids secondaires peuvent atteindre environ 80 cm de diamètre, souvent à plus de 10 mètres de hauteur. Cependant, en hiver, ces structures deviennent presque toujours inactives. Elles ne seront pas réutilisées au printemps et la colonie a déjà disparu.

Que devient la colonie de frelons asiatiques en hiver ?

Le cycle de vie du frelon asiatique est annuel. Au printemps, une reine sort de son hibernation et construit un petit nid, souvent à hauteur d’homme, dans un abri ou sous un porche. Lorsque les premières ouvrières naissent, elles prennent le relais pour agrandir le nid. La colonie migre alors vers un nid secondaire, plus grand et placé en hauteur.

En été et en automne, la colonie atteint son apogée, avec plusieurs centaines d’ouvrières qui chassent les abeilles pour nourrir les larves. Avec la baisse des températures, la nourriture se fait rare et la colonie s’effondre. Les ouvrières meurent, puis les larves non nourries disparaissent à leur tour. Les jeunes reines fécondées se réfugient dans le sol ou des abris isolés pour passer l’hiver. Il ne reste alors qu’un vieux nid vide, dépourvu de frelons et de vie.

Pourquoi les nids deviennent-ils inoffensifs en hiver ?

Les frelons asiatiques n’attaquent pas par eux-mêmes. Ce sont les ouvrières qui défendent le nid en protégeant l’entrée. Lorsqu’elles disparaissent à l’hiver, la structure en cellulose n’est plus qu’un simple assemblage, incapable de se réveiller ou d’attaquer. Les reines survivantes repartiront au printemps pour construire de nouveaux nids, souvent à partir de zéro.

Les collectivités locales rappellent que la plupart des nids d’hiver sont vides et sans danger. Ils ne seront pas réoccupés l’année suivante. Par ailleurs, ces structures abandonnées jouent un rôle pour la biodiversité. Des oiseaux insectivores comme les mésanges y cherchent des larves ou d’autres insectes, et certaines chauves-souris peuvent s’y abriter temporairement. Leur retrait peut donc se faire sans risque particulier quand ils sont facilement accessibles, mais leur impact sanitaire reste limité.

Faut-il détruire ces nids en hiver ou attendre le printemps ?

Dans la majorité des cas, il n’est pas nécessaire de détruire un nid abandonné en hiver, sauf si celui-ci présente un risque de chute dans une zone fréquentée ou si des travaux d’élagage sont prévus. Laisser le temps au nid de se dégrader naturellement est souvent la solution la plus simple.

Le vrai enjeu pour limiter la nuisance se situe plutôt au printemps, lorsque la reine construit un petit nid primaire. En ciblant ces nids, souvent discrets et situés sous un abri ou un toit, il est possible d’éviter la naissance de centaines d’ouvrières. Cela empêche la formation d’un grand nid secondaire, beaucoup plus volumineux et en hauteur. La destruction précoce de ces petits nids est une mesure efficace pour réduire la population de frelons dans les zones habitées ou proches des ruchers. Toutefois, il est important de rappeler que l’utilisation massive d’insecticides n’est pas la seule cause du déclin des pollinisateurs, d’autres facteurs comme l’agriculture intensive jouent aussi un rôle.

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