Peut-on rester chez soi pour soigner son animal en urgence sans risquer son emploi ?

Votre animal de compagnie est malade ou en urgence, et vous vous demandez si vous pouvez rester chez vous pour le soigner tout en conservant votre emploi. La réponse n’est pas simple, car le cadre juridique en France est clair sur ce sujet.

Ce que prévoit le Code du travail pour les absences liées aux animaux

Actuellement, le Code du travail ne prévoit pas de congé spécifique pour s’occuper d’un animal malade. Sur le plan juridique, les animaux de compagnie sont considérés comme des biens, et les absences pour raisons familiales concernent uniquement les proches humains.

Maître Blanche de Granvilliers explique que le congé pour s’occuper d’un enfant malade est limité à trois jours par an et n’est pas rémunéré. Cependant, certaines conventions collectives peuvent offrir des droits plus favorables. Elles permettent parfois de bénéficier de congés rémunérés pour des motifs personnels graves, comme le soin urgent d’un animal de compagnie, considéré comme faisant partie de la famille. Il reste à faire évoluer la législation pour encadrer ce droit.

Risques en cas d’absence non autorisée

Si vous restez chez vous sans avoir obtenu l’accord de votre employeur, votre absence peut être considérée comme injustifiée. Cela peut entraîner une retenue sur votre salaire et des sanctions disciplinaires.

Selon la gravité et la répétition de ces absences, l’employeur peut réagir par un simple avertissement ou, dans les cas extrêmes, un licenciement pour faute, notamment si l’absence ressemble à un abandon de poste. Pour éviter cela, il est conseillé d’utiliser les outils existants :

  • demander un congé payé ou un RTT pour couvrir cette journée ;
  • négocier un télétravail exceptionnel si votre poste le permet ;
  • se référer aux dispositions de la convention collective pour les absences personnelles.

Il est également prudent d’informer rapidement votre employeur et de fournir un justificatif vétérinaire.

Exemples étrangers et perspectives d’évolution

En Italie, une employée d’université de Rome a obtenu que deux jours d’absence liés à l’opération de son chien soient considérés comme des congés payés pour motif grave ou familial. Elle a invoqué un article du Code pénal qui punit l’abandon ou la souffrance grave d’un animal. Son employeur a accepté, reconnaissant que les animaux, même s’ils n’ont pas de finalité lucrative, font partie de la famille.

Selon Gianluca Felicetti, président de LAV, cette démarche marque un progrès vers la reconnaissance des animaux comme membres de la famille, ce qui pourrait encourager une évolution du cadre juridique en France à l’avenir.

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