Héros ou fou ? Il s’est exposé à 700 morsures pour sauver des vies
Une expérience risquée pour développer un antivenin universel
Pendant dix-huit ans, un Américain a volontairement été exposé à plus de 700 morsures de serpents venimeux, soit par injection de venin, soit par morsure directe. Son objectif : acquérir une immunité contre ces toxines. Cette démarche, très risquée, a permis de faire avancer la recherche sur les envenimations.
Selon un post Facebook de la société de biotechnologie Centivax, l’homme, Tim Friede, a également injecté du venin de serpent en dehors des morsures. Son expérience a permis de développer des anticorps capables d’aider à la conception d’un vaccin contre plusieurs espèces de serpents.
Bien que dangereuse, cette méthode a porté ses fruits. Ses anticorps ont permis la création d’un antivenin universel, efficace contre diverses espèces de serpents venimeux.
Le début de l’expérience en 2001
Tim Friede, mécanicien de profession et collectionneur de serpents, a commencé à s’injecter du venin en 2001. Tout a débuté lorsqu’il a acheté un serpent à tête cuivrée. Approché par le fondateur de Centivax, basé en Californie, il a accepté de participer à cette expérience. Il est devenu par la suite le directeur de l’herpétologie pour l’entreprise.
Centivax cherchait alors à produire un antivenin universel pour les serpents les plus dangereux dans le monde.
La découverte d’anticorps efficaces
Grâce à ses injections, le sang de Tim Friede a été analysé par l’équipe de Centivax. Deux anticorps ont été isolés à partir de ses échantillons. Ces anticorps ont été combinés avec un agent anti-inflammatoire, le varespladib, qui bloque les toxines.
Ce mélange a été testé sur des souris, avec des résultats prometteurs. Il les a totalement protégées contre des doses mortelles de venin provenant de 13 espèces différentes. De plus, il leur a offert une protection partielle contre six autres espèces.
Ce résultat est exceptionnel, car la plupart des antivenins existants ne protègent que contre une seule espèce ou une famille proche.
Perspectives et limites
Les tests effectués sur des souris montrent un potentiel encourageant pour cette approche. Cependant, il faudra encore plusieurs années avant qu’un antivenin universel puisse être utilisé chez l’humain, car de nombreux essais restent à réaliser.



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