Loup en France : le plafond d’abattage augmente à 227 pour protéger les éleveurs
Une augmentation du plafond d’abattage du loup en France
Le nombre de loups pouvant être abattus en France est passé à 21 % de la population estimée, ce mardi 24 février, contre 19 % auparavant. Cette mesure, annoncée en janvier, est maintenant en vigueur.
Concrètement, le plafond d’abattage passe de 192 loups à 227, sur une population estimée à 1 082 individus en 2025. Le ministère de l’Agriculture précise qu’il pourrait être porté à 23 % en fonction de la pression de prédation et de l’atteinte du plafond, ce qui représenterait un total de 248 loups, soit 56 de plus qu’en 2025.
Selon le gouvernement, cette décision est justifiée par la croissance de la population de loups, qui étend leur territoire et provoque une augmentation des attaques sur les animaux d’élevage.
Des règles plus souples pour la chasse aux loups
Parallèlement, certaines règles ont été assouplies. Dans certaines zones, il n’est plus nécessaire d’obtenir une autorisation préalable pour tirer sur un loup potentiellement menaçant un troupeau. Une simple déclaration en préfecture suffit désormais.
De plus, les éleveurs peuvent désormais effectuer un tir de défense, même si leur élevage est déjà protégé ou non. Ces mesures suscitent de nombreuses inquiétudes chez les défenseurs de la biodiversité.
Une menace pour la population de loups
Denis Doublet, coordinateur loup chez Ferus, alerte : selon lui, ces nouvelles règles « mettent en péril la population de loups en France ». Il critique le gouvernement pour ne pas tenir compte des études scientifiques, notamment un rapport publié en 2025, qui prédit une forte probabilité de déclin de la population.
Ce rapport indique qu’avec le régime actuel de prélèvements, la probabilité de décroissance de la population est de 56 %, et elle grimpe à 66 % si le plafond passe à 23 %. Jean-David Abel, responsable du réseau biodiversité chez France Nature Environnement, souligne que le loup est « à un seuil de mortalité supportable » et que son extinction n’est pas imminente, mais que la population risque de diminuer si rien ne change.
Une population stable mais contestée
En France, le nombre de loups reste relativement stable, avec environ 1 082 individus en 2025, contre 1 013 en 2024. Les associations regrettent que ces chiffres ne reflètent pas une invasion, mais montrent plutôt une présence limitée à 11 % du territoire.
Le ministère de l’Agriculture note une augmentation de 10 % des attaques de troupeaux, surtout dans les régions où le loup est nouvellement arrivé, comme la Haute-Marne. Selon eux, ces attaques concernent principalement les ovins.
Une protection des élevages encore essentielle
Les détracteurs considèrent que la hausse du plafond d’abattage est un signe d’abandon des efforts pour protéger les troupeaux. Denis Doublet dénonce un recul de plus de 20 ans de travail pour la protection, notamment dans l’arc alpin.
Les spécialistes insistent sur l’importance des mesures de protection en amont : clôtures électriques, chiens de protection, surveillance, ou encore l’aide de bénévoles. Pour eux, tirer sur le loup ne constitue qu’un dernier recours, car cela peut désorganiser les meutes et rendre certains individus plus solitaires et plus dangereux pour les élevages.
Le gouvernement maintient le financement public pour la protection des élevages, environ 40 millions d’euros par an. Cependant, si un élevage subit trois attaques sans protection adaptée, l’indemnisation des pertes cesse.
Vers une possible extension des mesures
Plusieurs associations envisagent déjà des recours juridiques contre le gouvernement. Denis Doublet craint qu’à terme, une demande d’éradication du loup soit formulée. Il évoque aussi des tués illégalement, qui ne sont pas comptabilisés dans les prélèvements autorisés.
De leur côté, des syndicats agricoles comme la FNSEA considèrent que ces mesures restent insuffisantes face aux dégâts. La fédération ovine demande une augmentation du plafond pour mieux protéger les élevages.
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, affirme vouloir intervenir rapidement face à la prédation et rappeler que si des mesures supplémentaires sont nécessaires, il faudra modifier la loi.
Le loup, une espèce protégée
Malgré le déclin du statut de protection du loup par l’Union européenne en dernier, il reste une espèce protégée en France. Jean-David Abel rappelle que l’État doit assurer que toute nouvelle réglementation ne met pas en danger la viabilité de l’espèce.
Pour lui, il est indispensable d’apprendre à cohabiter avec le loup et d’aider les éleveurs, notamment face à la présence de grands prédateurs dans les pays voisins. Le rôle écologique du loup est aussi souligné, notamment sa contribution à réguler les populations de cervidés, ce qui profite à la forêt et aux activités agricoles.



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