Tragédie d’un lynx victime de violences sauvages dans l’Ain
Une femelle lynx d’environ 3 ans, recueillie dans un état critique dans l’Ain, n’a pas survécu à ses blessures. Après huit jours de soins intensifs, elle est décédée dans un centre de protection de la faune sauvage à Béard-Géovreissiat.
Malgré sa protection en tant qu’espèce, l’animal a été victime de violences. Sur les images filmées à son arrivée au centre, on peut voir son œil gauche en sang. La radio montre également que sa boîte crânienne est remplie de plombs.
« On a précisément 116 plombs, ça correspond à la quasi-totalité d’une cartouche qui a été tirée à une faible distance », déplore Gilles Moyne, directeur du centre de soins Athénas, qui accueille plusieurs dizaines de lynx.
Le centre a indiqué que la femelle est morte d’une méningite, malgré les soins apportés. La structure dénonce un acte de chasse illégale. Gilles Moyne qualifie ces actes de « tentative de destruction d’espèce protégée ».
Une chasse illégale en cause
La destruction d’une espèce protégée est un délit passible de trois ans de prison et de 150 000 euros d’amende. L’enquête se concentre notamment sur le comportement d’un garde-chasse local, entendu dans le cadre de l’affaire.
Le centre de soins a également publié un message sur Facebook, demandant la dissolution ou la mise sous tutelle des associations de chasse concernées. Il réclame également le retrait de l’agrément de la Fédération de chasse, qui selon eux, laisse prospérer des comportements contraires à l’intérêt général.
Dans le village, plusieurs habitants témoignent que les règles de chasse ne sont pas toujours respectées. Certains évoquent des tirs entendus tard dans la nuit, à 22h ou 23h, ce qui ne correspond pas aux horaires légaux de chasse.
« Ça chasse à toute heure, à tout va, tôt le matin, tard le soir », confie une riveraine. Selon elle, un bon chasseur ne tuerait pas une espèce protégée.
Les autorités insistent sur le fait que la chasse à toute heure constitue une infraction. La vigilance doit être renforcée pour protéger ces espèces en danger. La priorité est maintenant de retrouver les petits de la femelle décédée, car leur survie est menacée sans leur mère.



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