Attention danger : donner du pain aux oiseaux pourrait leur nuire
En plein mois de janvier, de nombreux Français continuent de donner du pain aux oiseaux en le déchirant en petits morceaux sur le rebord d’une fenêtre ou au bord d’un étang. Ce geste, souvent considéré comme une attention chaleureuse, est transmis de génération en génération comme une habitude hivernale. On pense que ce pain, qui ne sera plus mangé par les humains, apportera un peu de réconfort aux oiseaux, surtout lorsque le sol est gelé.
Cependant, de plus en plus de personnes se demandent si cette pratique est réellement bénéfique. La Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) rappelle que donner du pain aux oiseaux est en réalité une « fausse bonne idée ». En effet, derrière cette pratique apparemment innocente se cache un poison lent pour ces petits animaux, et la mécanique de leur empoisonnement est plus complexe qu’il n’y paraît.
Pourquoi le pain empoisonne-t-il les oiseaux en hiver ?
Donner du pain reste une habitude, notamment près des lacs urbains où canards, cygnes et mouettes s’approchent des promeneurs. Pourtant, le pain, qu’il soit frais ou rassis, gonfle dans le jabot et l’estomac des oiseaux. Cela leur donne une fausse sensation de satiété, ce qui les pousse à arrêter de chercher de la nourriture réellement nutritive. Le problème, expliquent la LPO et des centres de soins, c’est que le pain apporte peu de vitamines, de protéines ou de lipides. L’oiseau s’épuise rapidement et peut finir par mourir de froid, même si son estomac est plein.
De plus, le pain industriel contient du sel et des additifs que le métabolisme des oiseaux ne peut pas éliminer. Le sel perturbe l’équilibre hydrique et endommage les reins. Le gluten et les levures irritent l’intestin et affaiblissent leur organisme. Chez les jeunes oiseaux, ces carences peuvent entraîner des os fragiles ou des malformations, comme le syndrome des ailes d’ange, qui nuit à leur vol. Enfin, lorsque le pain est jeté en excès, il se décompose dans l’eau et favorise la croissance de bactéries toxiques, augmentant le risque de botulisme aviaire dans les parcs urbains.
L’hiver, un défi énergétique pour les oiseaux
Il est important de rappeler que l’hiver est une période très difficile pour les petits oiseaux. Une mésange bleue ou un rouge-gorge peut perdre jusqu’à 10 % de son poids en une seule nuit froide, simplement pour maintenir sa température corporelle. Chaque matin, ils ont besoin de graisses de qualité pour reconstituer leurs réserves d’énergie. Si un oiseau a été gavé de pain la veille, il n’a plus faim, mais il manque cruellement de carburant. Les calories vides du pain ne compensent pas leur dépense énergétique lors des nuits froides.
Que donner aux oiseaux en hiver à la place du pain ?
Pour aider réellement, il faut leur fournir des aliments riches en graisses végétales, adaptés à leur physiologie. La meilleure option est la graine de tournesol noire, qui est plus riche en huile et possède une coque plus fine que le tournesol rayé, ce qui facilite leur décorticage pour des oiseaux comme les mésanges ou les chardonnerets. D’autres aliments sûrs, non salés et non grillés, peuvent également compléter leur alimentation :
- Graines de tournesol noires ou mélanges en contenant ;
- Boules de graisse végétale ou pains de graisse sans sel ;
- Cacahuètes, noix, et petits morceaux de fruits frais ou secs.
Installer une mangeoire en hauteur, à l’abri des chats, est aussi conseillé. Il est préférable de distribuer de petites quantités régulièrement, surtout en période de gel. Lorsqu’il fait plus chaud, il faut réduire la distribution pour éviter que les oiseaux deviennent dépendants. Un nettoyage fréquent des mangeoires et le ramassage des graines moisis au sol limitent les risques de maladies. Une coupelle d’eau propre et dégivrée chaque matin complète cette aide. Quant au pain rassis, il est préférable de le recycler en chapelure ou en pain perdu plutôt que de le donner aux oiseaux.



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