Perdre son animal : un chagrin souvent sous-estimé à découvrir absolument
Le deuil d’un animal de compagnie, une douleur souvent sous-estimée
Perdre un animal de compagnie peut être aussi difficile que perdre un membre de la famille. Pour beaucoup, ces animaux sont des compagnons proches, voire des membres à part entière. Selon une étude, 65 % des Français considèrent leur animal comme un membre de leur famille. La perte de cet être cher provoque un chagrin intense et un vide difficile à combler. Le processus de deuil peut alors être aussi douloureux que celui lié à la perte d’un proche humain.
Une vétérinaire, Hélène Gateau, explique que « l’intensité du deuil ne dépend pas de l’espèce qui s’éteint, mais plutôt du lien d’attachement que l’on a développé avec l’animal. Même Sigmund Freud a affirmé que la perte de son chien avait été aussi forte que celle de son enfant. »
Un deuil souvent ignoré, surtout chez les enfants
Millie Cordaro, experte américaine en accompagnement du deuil animalier, souligne que ce type de deuil est peu reconnu et peu pris en charge. Cela peut isoler les personnes, notamment les enfants, et compliquer leur processus de guérison. Elle explique pourquoi les animaux occupent une place si importante dans nos vies.
Les animaux, des compagnons essentiels pour notre santé
Les animaux, qu’il s’agisse d’un lapin, d’un chat, d’un chien ou d’un poisson rouge, n’ont pas besoin de parler notre langue pour nous apporter du bien-être. Ils contribuent à réduire le stress, à lutter contre la solitude et à favoriser les interactions sociales. Une étude publiée dans Scientific Reports montre que les propriétaires d’animaux ressentent moins de solitude et éprouvent un plus grand bien-être émotionnel que ceux qui n’en ont pas. Les animaux de compagnie sont donc bien plus que des sources d’affection : ce sont de véritables soutiens moraux.
Lorsque ce lien profond est brisé, le chagrin peut devenir insurmontable. La perte d’un animal prive souvent la personne d’un mécanisme d’adaptation essentiel et d’un sentiment de sécurité. Millie Cordaro indique que cette séparation peut provoquer des crises d’angoisse, des épisodes dépressifs ou même des symptômes proches du syndrome de stress post-traumatique. Elle insiste sur l’importance pour les professionnels de la santé mentale, les éducateurs et les réseaux de soutien de comprendre la portée psychologique de cette perte afin d’aider au mieux les personnes concernées.
Une douleur encore plus forte chez les enfants
Chez les enfants, le deuil d’un animal peut être encore plus difficile à surmonter. Selon l’experte, cette perte peut fragiliser leur sentiment de sécurité et de stabilité, avec des conséquences durables. Il a été démontré que la perte d’un animal durant l’enfance augmente le risque de dépression et d’anxiété à l’âge adulte.
Ce sentiment d’insécurité peut être encore plus marqué chez les jeunes ayant vécu des traumatismes, comme une instabilité familiale ou des maltraitances. La mort d’un animal dans ces contextes peut renforcer le sentiment d’abandon et d’insécurité. Millie Cordaro précise que « ces expériences peuvent renforcer des croyances inadaptées, telles que “tout ce que j’aime disparaît”, ce qui influence la régulation émotionnelle et les schémas d’attachement à l’âge adulte. »
À long terme, ce type de deuil peut entraîner des problèmes de comportement, des difficultés à l’école ou une vulnérabilité accrue face aux troubles de santé mentale. La spécialiste recommande de consulter rapidement un professionnel si l’on remarque ces signes chez un enfant.



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